ENTRETIEN AVEC LA BUSE

Salut La Buse, dis moi tout, qui es tu et où pique tu ? 
Hello ! moi c’est La Buse. Je fais des dessins rigolos sur les gens, et je travaille au Nouveau Labo, à Bordeaux.

09.2015

Tu es tombé dans la marmite du tattoo rapidement où ça t’es venu plus tardivement ?
Premiers tattoos à 18 piges, mais il a fallu quelques années avant de mettre vraiment le doigt dans l’engrenage. C’est beaucoup grâce à mon meilleur pote Grégoire, qui a su me pousser au cul au bon moment. Je dessinais depuis toujours, mais juste pour moi, et c’était pas super… Après un gros coup de pied au cul à 25 ans, je suis entrée en école d’art à Strasbourg pour m’ouvrir les mirettes. C’est là-bas que j’ai eu la chance de trouver un apprentissage, trois ans plus tard.

 En technique qu’est ce qui te botte le plus ? Dot, etc….
Difficile à dire, je suis assez curieuse, pouvoir tester des choses, trouver des textures différentes, des rendus qui contrastent, et ne pas m’enfermer dans une seule technique. Mais s’il ne devait y en avoir qu’UNE, si tu m’obligeais vraiment à choisir, sous peine de me forcer à écouter Maître Gims en boucle, ça serait la ligne claire.

(rires) Pas d’inquiétudes, je n’irais pas jusqu’à la torture ultime. Concernant la couleur, ton coeur penche où ?
Plutôt noir, la plupart du temps. Peut-être pour les mêmes raisons que la ligne, d’ailleurs, la force du contraste, la possibilité de produire une image d’une grande simplicité, mais avec impact très fort. Je n’ai rien contre la couleur, mais je préfère l’utiliser en touches, pour laisser respirer le dessin.

Tes machines, tu bosse sur quoi ?
Je travaille avec des machines traditionnelles, pour la ligne en général, et des rotatives pour les aplats et la couleur.

Des thèmes et sujets de prédilection? Qu’est ce qui te parle le plus ?

Demande-moi un animal un peu débile, et je serais aux anges. Blague à part, j’aime essayer de raconter des histoires, surtout les farfelues que les clients veulent bien me confier… Et parcequ’ on rigole bien !

01.2016web

Des influences au niveau des tatoueurs ?
Jean-Luc Navette, d’abord, parce que c’est son magnifique travail qui m’a donné l’envie de tatouer. Léa Nahon, pour la puissance acérée de son trait, Joe Moo, Pari Corbitt, Sixo Santos, Apro Lee, Suflanda, Gakkin, Deno, Sam Rulz… Y en a 10 000, C’est trop difficile !!! y a beaucoup trop de monstres de talent, et j’ai pas assez de bouts de peaux.

Le tatouage est un art à part entière, qu’elles sont tes influences majeures au sein des beaux arts ? S’il y en a.
C’est hyper vaste ! Hum… Je suis tout autant curieuse des estampes incroyables de Kuniyoshi, les gravures de Doré et Hugo que pétrifiée devant des tableaux de Bacon, Freud, Soulages ou De Staël.

Et dans le reste? 
Evidemment, mes influences graphiques viennent plutôt de la BD, en général, mais pas que. Ca va être tellement difficile de choisir que je te mets un petit frichti tout confondu et non-exhaustif: Burns, Wes Anderson, les frères Hernandez, Blutch, Nicolò Pelizzon, Toppi, Spike Jonze, Matsumoto, Gary Baseman, Ludovic Debeurme, Charles M. Schultz, Miyazaki… Je peux encore te faire plein de tartines !

Le style, le genre qui te parle le plus et qu’on retrouve dans ton travail ? Ou sinon comment pourrait on définir la patte La Buse ?

Ben ça, c’est à toi de me le dire, c’est pas trop une question que je me pose, en général.

La partie du corps que tu préfères travailler en tattoo?
Les MOLLETS ! J’aimerais bien devenir exclusivement tatoueuse de mollets, et d’avant-bras, ils sont si merveilleux.

 L’idée la plus folle qu’on t’aie demandé ?
Un client voulait un dos complet basé sur des dessins d’Escher… C’était une idée géniale et folle, que quelqu’un comme Thomas Hooper aurait sublimé, mais j’étais apprentie, et pas du tout capable de gérer ce type de dessin à la fois hypercomplexe et hyperlogique. Toujours pas aujourd’hui, d’ailleurs, question de manque cruel de neurones.

01.2016

Parmi toutes les pièces que tu as faites est ce qu’il y en a une sur laquelle tu t’es vraiment éclatée, qui t’a vraiment marquée ?
Y en a pas mal, mais il y avait cette charmante dame amoureuse de ses rats, qui m’avait demandé un petit tattoo les représentant, les deux silhouettes formant un coeur. Ca fait un peu cul-cul, je te l’accorde, mais j’avais essayé de faire un dessin assez sobre pour éviter ça. Ma cliente était vraiment touchante, dans son monde, et en même temps complètement ouverte à ce que je pouvais lui proposer. Quand elle l’a vu dans le miroir après la séance, elle a pleuré. J’ai un peu paniqué en pensant qu’elle était déçue… Mais c’était l’inverse. Faire un métier qui te permet parfois de toucher quelqu’un à ce point là, et de lui faire du bien, merde, c’est chouette !

 Y a t il un sujet qui te lasse ?
Pas encore !

Comment se passe un séance chez toi en tant que tatoueur ? Mets tu de la musique ?            Je travaille au Nouveau Labo, on a une grande salle de travail ouverte, dans laquelle on bosse ensemble. On travaille en bande, toujours en musique, variable selon les humeurs de chacun.

Côté musique, qu’elle est ta playlist de la bonne ambiance pendant une séance ?
Ca dépend des jours, mais j’aime beaucoup mettre des BO de films, des albums de soul, du blues ou de la surf music.

Les styles ou des groupes que tu préfères ?
Rhaaah.. c’est comme le reste, assez éclectique. Disons que selon les jours, ça peut aller de Bourvil à Jesus Lizard, en passant par Stravinsky et Electrelane.

Aujourd’ hui le tatouage est en plein boom comme on le constate avec les shops qui pullulent et l’intérêt du public et des médias pour la grande messe annuelle de Paris. Pour toi actrice de la scène tatouage actuelle, quelle est ta vision ? Qu’est ce que t’en pense ?
Je ne sais pas, ça ne m’intéresse pas vraiment, j’essaie juste de faire mon métier le mieux possible.

On dit le milieu fermé, Est il aujourd’hui plus difficile pour les nouveaux d’être accepté ?
Je ne sais pas. La notion de « milieu » n’est vraiment pas quelque chose qui me parle. On est plein de gens qui font le même métier, et parmi eux, y a des super copains avec lesquels on partage plus qu’un job.

Pour toi, comment définirais tu la vrai relation Tatoueur Tatoué ?
Je n’ai pas vocation à te donner une quelconque « vérité », c’est différent pour chaque tatoueur, j’imagine . En ce qui me concerne, j’aime travailler avec mes clients, qu’ils m’amènent des idées fofolles que je n’aurais probablement jamais eues, et qu’on parte encore plus loin ensemble. Et si en plus on se marre, je dis Banco, on vend la caravane !

11.2015

En tant que tatouée, qu’est ce qui te marque le plus chez un tatoueur et te fera revenir chez lui ? (état d’esprit….)
Bah qu’on rigole bien, évidemment.

Tes tatouages ont ils une histoire derrière ? Ou c’est plutôt une attirance par le sujet ou le motif ?

Ca dépend des rencontres, justement. C’est plus souvent le travail d’un/e artiste qui me touche qui via me donner envie de penser à un projet pour elle/lui. Ou si je tombe en amour d’un flash au détour d’un stand en convention… Comme ça s’est passé pour le super Batman sur ma jambe, fait par Jürg à la Toxcit’ink de Liège.

Sur toi, quelle pièce fut des plus intéressantes à réaliser ? Petite histoire ?

Mon bras droit, par Jean-Luc Navette, en cours depuis deux ans. Il est magnifique, j’ai beaucoup de mal à m’empêcher de le regarder tout le temps. Le processus même est fascinant, tant celui du tatouage lui-même que l’investissement personnel que ça demande. J’ai hâte qu’on le termine, et en même temps, ça va me manquer.

Une anecdote pendant une séance ?                                                                                               Des fois, je m’endors.

Des nouveaux tattoos de prévu ?                                                                                             Evidemment oui, plein !

En dehors du tatouage, tu te coupe de tout dessins ou tu travaille aussi sur d’autres supports ?
Heureusement non, je n’arriverais pas à dessiner juste pour le tattoo. Il faut un peu de lâcher prise, et enlever les contraintes de la peau, ça fait du bien. Je dessine, je peins, je pyrograve des bêtises, et parfois, on me donne la chance d’exposer un peu.

Pour l’actu, tu es assez souvent sur la route à ce que j’ai cru comprendre, prochaines dates de ta tournée ??
Je fais une semaine de guest par mois, pour prendre l’air, voir les copains, se nourrir et progresser, encore et encore. Youhou !

14/19 mars : Art Corpus, Paris
11/15 avril : De l’Encre et des Trous, Nancy
2/6 mai : Grizzly Ink, Liège
17/21 mai : FOV, Lille
20/25 juin : Art Corpus
18/22 juillet : Contraseptik, Strasbourg
25/30 juillet : Biribi, Lyon

Et en convention:
Very Sud Ouest, Pau (9/10 avril)
Prison Ink, Horsens, Danemark (7/8 mai)
La Roche sur Yon (28/29 mai)

Donc au final, si on flash sur ton travail et si on veut te faire vraiment plaisir, qu’est ce qui faudrait te demander comme le summum du projet de tatouage ?
Un ornithorynque en goguette, avec une ombrelle , en dos complet, ça te tenterait?

Et bien carrément, moi je prends  !! (rires)  En tout cas merci pour tout, ce fut bien cool de discuter avec toi, je te laisse avec plaisir le mot de la fin. Peut être une question que t’aurais aimé que je te pose ?
le sphincter a dit quoi ?(rires)

Pour retrouver La Buse et toutes ses ouvres d’art sur la toile, c’est par ici.

Entretien réalisé par Anthony

 

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