Up In Smoke 7 @ Divan du Monde, Paris – 04/03/2016

Nous sommes le 4 mars 2016 et c’est un de ces soirs où des groupes hyper intéressants sont programmés en même temps : ici au Divan du Monde, à la Porte de la Villette, et même à la Boule Noire si on est plus fan de prog’. Dans la plupart des cas, le dilemme concernera les deux premiers lieux. Et comme Anthony a choisi d’aller se prendre un bain de foule au Mondial du Tatouage pour voir Uncle Acid & The Deadbeats après vois avoir reporté la première partie de la tournée Up In Smoke (à (re)lire ici : Up In Smoke 6), c’est, malheureusement pour vous, moi qui ai la charge de vous raconter comment était cette seconde édition (enfin la 7e, après la 6e il y a une dizaine de jours, ‘fin vous m’avez compris).

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C’est également une soirée atypique car aucun groupe scandinave ni anglo-saxon n’est programmé ce soir (oui oui, ça fait bizarre à lire je vous l’accorde) : un combo polonais, des Ukrainiens, et une fois n’est pas coutume, en tête d’affiche des Français avec Mars Red Sky.

Et on commence rapidement avec Belzebong, quatuor culture de doom/stoner enfumé originaire de la ville de Kielce. On nous avait prévenus, on a interdiction de shooter les visages, alors respectant les demandes du groupes, si dans les photos vous ne voyez que des cheveux, c’est absolument normal, et non pas une espèce d’effet de style. D’ailleurs, il est extrêmement dur, voire impossible de connaître les identités des membres du groupe, chacun répondant à un pseudonyme avec « Dude » après. On a donc Sheepy, Cheesy, Alky et Hexy, chose que je n’apprends pas aux fans que vous êtes.

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N’étant pas un spécialiste du groupe, ni un fan absolu de ce genre de « stoner enfumé », je craignais un « effet Toner-Low » à savoir une musique que vous ne pouvez apprécier sur scène que si vous êtes défoncés. Erreur, même en étant à jeun, j’ai vraiment pris mon pied, et ce grâce au groove et à la modernité que déploie le groupe sur scène. On n’est pas du tout dans un set monolithique soporifique, au contraire, ça bouge beaucoup et le jeu de scène du combo est beaucoup moins statique qu’on pourrait le croire. De plus, là où on pensait n’avoir que trente minutes de Belzebong, le set aura duré près d’une heure sans temps mort, et même si sur la fin j’ai un peu décroché, j’ai passé un super moment avec un groupe qui rentrera parfaitement dans la continuité du concert de My Sleeping Karma. Alors après avoir encensé les groupes belges et australiens, la liste de formations polonaises « originales » commence à sacrément s’agrandir, avec Tides From Nebula et Sunnata en tête. Désormais j’y inclurai Belzebong.

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Changement de plateau rapide, et tandis que certains en profiteront pour faire leur petit commerce de shit (après tout, les acheteurs potentiels semblent nombreux ce soir), une bonne partie de la communauté ukrainienne à Paris viendra se masser devant, essayant au maximum, avec succès pour certaines, de communiquer avec le trio. D’Ukraine, je ne connaissais que des groupes de doom, de black ou de pagan metal, mais c’est pour le power trio Stoned Jesus que Mel est surtout venue. Sauf que sa déception ne va pas tarder à arriver, car si le groupe bouge beaucoup, et que la complicité entre Igor (guitare/chant) et Syd (basse) est évidente, occupant très bien la grande scène du Divan, le combo souffre d’un son assez dégueulasse, avec une basse bien trop mise en avant. Pourtant, des réglages seront faits, mais à aucun moment quelqu’un s’est dit que le son de Syd posait problème.

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Au final, groupe pourtant excellent en album, et plein de fougue, voire un peu barrés sur scène, on l’impression d’avoir en face de nous un groupe au son très « amateur », alors que Stoned Jesus a pourtant près de dix ans de carrière derrière lui. On aura donc du mal à profiter de leur stoner aux accents grunge, voire se rapprochant sur certains titres de Primus. Dommage, d’autant plus que c’est pendant le set des Ukrainiens que ça commencera à être le bordel dans la salle, notamment à cause d’un mec totalement dans le cosmos qui va foutre la merde, jusqu’à limite vouloir se fighter avec tout le monde, le genre de trucs qui te ruinent un peu une soirée que tu imaginais pépère, et ça ne va pas s’améliorer par la suite.

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La question qui reviendra pendant tout le set du combo : Peut-on pogoter sur un groupe aussi atmosphérique que Mars Red Sky ? A Paris oui, c’est possible. Pourtant ça démarrait assez bien, il est d’ailleurs super agréable d’avoir en tête d’affiche des groupes français, la plupart du temps cantonnés en ouverture. Et puis Mars Red Sky, comme peuvent le faire des groupes comme Gojira en tête, mais également Klone par exemple, voire Shakaponk (sisisi) et pas mal d’autres, parvient à innover dans un genre hyper codifié voire cloisonné. Comment ? Notamment, de la même façon que les groupes cités précédemment, en intégrant une véritable identité visuelle à leur musique, ce qui la rend bien plus attirante, bien plus complexe, et multiplie les possibilités. Alors comme en festival on n’a pas trop l’occasion de profiter du visuel, il me tardait de voir les 3 bordelais dans une salle pour me faire une véritable opinion.

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Et ce qui frappe en premier c’est la coolitude et la simplicité des mecs qui viennent tranquillement installer leur matos, consciencieusement, faisant des sourires timides à ce Divan du Monde quasi plein. Ensuite, ce sera bien évidemment la puissance émotionnelle de Julien (Pras – guitare), déployée sur scène, proche d’un Vincent Cavanagh (Anathema), enfin ça reste mon avis, rendant « l’expérience Mars Red Sky » encore plus intéressante lorsqu’elle est proposée en live, où comment rendre encore plus humain un son déjà hautement spirituel. Pourtant, le set du groupe ne sera pas sans heurt, avec notamment un événement rarissime, à savoir une coupure de courant dans tout le kit de Jimmy (Kinast – basse), permettant à Julien de nous offrir un morceau en solo. L’incident vite résolu, on replongera dans l’ambiance, même si ça commencera à partir pas mal en couille, avec le même mec qui continuera à vouloir pogoter avec tout le monde, même si cette fois-ci il finira par trouver pas mal d’adeptes. Et devant la multitude de slams, on préférera s’éloigner et observer de loin le décalage total entre la lenteur de la musique des bordelais et l’excitation au centre de la fosse du Divan du Monde.

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Bon, j’en conviens, la fatigue de la semaine et l’abondance de « mouvements » dans la salle feront qu’à mon grand regret je vais décrocher un peu, ce qui n’enlève rien à la qualité du groupe ni au respect total que je lui porte, en espérant revoir vite Mars Red Sky dans de bien meilleures conditions. De toute façon, un groupe avec un gong c’est toujours hyper classe, point barre.

Texte : Mats L.

Photos : Mel. B./Mats L.

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