RENCONTRE AVEC CAGE THE ELEPHANT

L’un des trucs les plus exhaltant à bosser pour un mag comme The Unchained c’est d’avoir une interaction direct avec les artistes que l’on aime ou même que l’on découvre. C’est dans ce deuxième cas de figure que s’est passée l’interview qui va suivre… Le temps passe, j’entends les morceaux comme « Ain’t No Rest For The Wicked » et autre « Come Closer » devenir des tubes planétaire sont trop y prêter attention. C’est en préparant cet article que j’ai pris la trompe de l’éléphant en pleine gueule… Des mélodies, de l’énergie, de la folie tout y est… C’est dans un hôtel du 5eme arrondissement que  nous avons rencontré Brad Schultz, frère du chanteur Matt Schultz et guitarsite rythmique du groupe.

Vous semblez avoir une approche 2,0 du travail de groupe. On peut entendre vos chansons dans des séries télé tels que Lucifer ou Vampire Diaries. Comment un groupe travail de nos jours dans une industrie qui change constamment ?

Brad Schultz : On laisse le management s’occuper de cette partie. On se concentre sur la musique et les visuels comme l’artwork et les clips. Parce que c’est là qu’est la vision. Si tu t’immerge trop dans le côté business, je penses que ça t’éloigne du côté créatif. Il y a bien évidemment des choses auxquels on dit oui ou non mais je ne veux pas trop une grosse affaire.

Quelle est l’histoire derrière l’artwork de « Tell Me I’m Pretty » ?

B S : « Tell Me I’m Pretty » n’est pas au sens littéral, c’est plutôt ironique. Nous vivons dans cette génération du selfie où tout le monde organise sa vie pour qu’elle ait l’air la mieux et la plus simple possible. Ca donne aux gens une idées fausse de ce qu’est réellement la vie. Nous voulions donc quelqu’un qui soit jolie sur la surface mais qui aussi donnait l’impression qu’elle ait vécut. On a regardé beaucoup de photos pour trouver cette personne. La fille qu’on a trouvé a non seulement l’air de ça mais je penses qu’elle a vécu comme ça. C’est tout connecté je pense.

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J’ai lu l’histoire tragique derrière la chanson « Sweetie Little Jean ». Ecrivez vous toujours des choses qui vous touche d’aussi près. ?

B S : Moi j’écris beaucoup de musique mais pas de paroles. Mais Matt (Schultz, le chanteur) est mon frère alors je le connais. Au début il prenais des personnages et racontait au travers de leurs yeux des histoire et des pensées qui lui était propre. Plus il grandit, plus il devient littéral, racontant ses expériences au travers de ses propres yeux. Il ne se cache plus derrière un personnage. Avec cette chanson tout particulièrement, qui fût une expérience très traumatique dans nos vies. Cette petite fille, Morgan Viola, ne devait pas avoir plus de huit ans lorsqu’elle s’est fait enlevés just en face de notre appartement et elle fût retrouvé morte sur le côté de la rue. Tu traverse cette épreuve et cela à un effet majeur sur toi et change tes perceptions sur la vie ou la mort.

Vous êtes connus pour être un groupe très excitant en concert. Que préférez vous, les concerts ou l’enregistrement ?

B S : J’apprécie les deux de manière égale et pour des raisons différentes. En concert, tu connectes physiquement avec les gens. On vit presque les chansons ensemble, tu ressens l’énergie venant du publique. Même si on ne peut pas les percevoir avec nos yeux, les vague d’énergie sont projetés de nous et j’aime ça. Pour ce qui est de l’écriture, notre père (à Matt Schultz & Brad Schultz) écrivait des chansons et nous avons grandi dans cet environnement. Les Beatles sont probablement le groupe qui a eu le plus d’influence sur ma vie. Ils ont écrit des chansons tellement bien écrite. Ils arrivaient à faire dire des choses, faire passer des messages au travers de ces chansons. Tu essaies de connecter avec les gens mais c’est aussi thérapeutique pour toi, ça t’enlève un poids.

Plus il grandit, plus il devient littéral, racontant ses expériences au travers de ses propres yeux. Il ne se cache plus derrière un personnage.

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Ca commence par une action personnel et après tu la partage avec le monde...

B S : Oui, c’est un cercle. Les deux en tant qu’entités séparées on différentes vibrations mais sont connecté entre elles.

Votre dernier album « Tell Me I’m Pretty » sonne résolument Pop 60’s. Avez vous opté pour une approche différente pour ce disque ?

B S : Par certains aspects l’album peut être perçu comme tel mais nous on voulait quelque chose en dehors du temps. On est très influencé par les Stones, Chuck Berry et on s’est dit que si eux ont grandis en tant que musicien il nous fallait dépasser ça et étendre notre palette musicale. Mellophobia fût un premier pas dans cette direction. Tu écris ce qui vient. Ce sera une partie de toi, tu n’as pas besoin de forcer le changement. Au niveau des paroles, Matt voulais être plus honnête et ne plus se cacher derrière des personnages. Il voulait juste parler de ses expériences personnelles. Et musicalement, on voulait un disque dynamique où tout les parties avaient leur utilités.

Est ce que travailler avec Dan Auerbach (Producteur de « Tell Me I’m Pretty » & chanteur-guitariste de « The Black Keys ») a changé votre façon de travailler ?

B S : Il nous a fais comprendre qu’on a pas besoin d’empiler toutes les idées de toutes les chansons. Parce que parfois lorsque tu fais ça tu obscurcie les belles parties de la chanson.

Trop est l’ennemie du bien…

B S : Oui exactement. Quand tu déshabille certaines parties, elles s’illuminent et les gens connectent plus facilement avec la chanson. Il ne faut pas surenchérir juste pour l’élaboration. Dan a une très bonne oreille pour trouver les parties les plus forte d’une chansons. Il te dit :« Cette partie est géniale mais je ne penses pas que tu aies besoin de tout ça…. ». Au début c’est un peu destabilisant, parce que tu veux être à fond dedans et avoir toute tes idées sur la table. Des fois, le fait que ce soit ton idée n’en fait pas une grande idée. Surtout Dan est une énorme énorme énorme encyclopédie musicale. On est dans le studio en train d’enregistrer une chansons. On fait une pause et Dan va te mettre un groupe de psyché sud américain des années 70 que tu ne peux même pas Shazaam. Et à ce moment là tu vois ta propre chanson différemment.

Si tu reste prisonnier de la même route tu ne grandira jamais et cela va aussi en tant qu’être humain. Si tu fais la même chose tous les jours tu resteras la même personne et tu auras sûrement une vie misérable.

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Quels sont les derniers artistes qui vous ont retournés ?

B S : Tellements… Il y a beaucoup de groupes de Nashville qui sont extraordinaire, comme Fly Golden Eagle, Morning Teleportation, qui sont juste phénoménale. Il y a aussi Jeff The Brotherhood ou Diarrhea Planet, oui oui c’est le nom du groupe. Julian Casablancas & The Voids, qui sont de Nashville, leur disque m’a laissé sans voix. Après je reviens toujours au Beatles. Gamin Abbey Road était mon album préféré. Puis lentement mais sûrement Sergent Peppers est devenu mon album préféré. Puis ce fût Revolver, et ensuite le White album. Mais maintenant je fais marche arrière et Abbey Road est mon album préféré. Je reviens toujours aux Beatles dès que je recherche de l’inspiration. Mais j’adore découvrir de la nouvelle musique. C’est ce qui à fait des artistes comme David Bowie et c’est pour cela qu’on l’a appelé le plus grand caméleon de tous les temps. Il était toujours à l’écoute de ce qu’il se faisait et cela l’inspirait. Si tu reste prisonnier de la même route tu ne grandira jamais et cela va aussi en tant qu’être humain. Si tu fais la même chose tous les jours tu resteras la même personne et tu auras sûrement une vie misérable. Je crois que si c’était mon cas je deviendrais dingue. C’est la même chose musicalement, les nouveaux trucs sont inspirant, ils te donnent envie d’écrire.

Merci à Elodie de HIM Media et au management du groupe.

Interview réalisée par Ru5ty

Photos: Marion Frégeac / Mamzelle Bulle Studio Paris

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