FINCH – STEEL, WOOD & WHISKEY

« Un direct dans la mâchoire d’un traître est une façon trop facile de résoudre les problèmes de l’existence »*. Les mots manquent pour qualifier l’horreur perpétrée ce treize novembre dernier dans la ville des lumières. L’âme meurtrie, il ne nous reste qu’à reprendre la route, exister et profiter de la chance d’être ensemble, en vie. Dans ces moments où les regards des gens changent, la musique, la seule survivante du Bataclan, demeure notre refuge.

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Vendredi dernier, les californiens de Finch dressaient un bilan en dévoilant sur leur site un album retraçant d’une manière nostalgique leurs quelques années de carrière. Ainsi, Steel, Wood & Whiskey regroupe onze titres phares du groupe dans des versions acoustiques inédites. Si les immanquables « Letters To You », « Stay With Me » et « What Is It To Burn » sont bien évidemment au rendez-vous, on ne peut s’empêcher de remarquer l’absence de « Perfection Through Silence » dont le rendu unplugged avait déjà pu être expérimenté. Mais ce Steel, Wood & Whiskey, ne se cantonne pas à de simples relectures des titres du chef d’oeuvre What Is It To Burn, le quatuor pioche en effet dans toute sa discographie et en particulier son dernier opus Back To Oblivion sorti à l’automne dernier. L’occasion alors de découvrir une version déchirante de « Murder Me » ou encore celle bien plus optimiste du morceau éponyme.

Même le très injustement controversé Say Hello To Sunshine est mis à l’honneur avec des réinterprétations somptueuses des trop méconnus « Fireflies » et « Bitemarks And Bloodstains » qui se voient offrir une seconde jeunesse, notamment grâce à un Nate Barcalow excellent lorsqu’il s’agit de nous faire hérisser les poils. La bonne surprise de ce Steel, Wood & Whiskey reste cependant la présence de « Daylight » tiré de l’extended play Finch de 2008. Finalement quasiment passé à la trappe à sa sortie, ce morceau nous revient aujourd’hui en pleine face dans une version poignante qui nous replonge dans cette époque sombre de l’histoire du groupe (« Daylight burnt my eyes / Searing the despised / I’ll pray along everything is fine / Swallowing the lie »). Enfin, un « Ender » en toute simplicité vient clore cet album rempli de souvenirs qui marque la fin d’un ère et nous rappelle toute la classe de Finch.

L’acier des kalachnikovs, les plancher du Bataclan et les whisky sans glace du Carillon. Le traumatisme est là, il est encrée en nous. Les massacres du vendredi 13 Novembre dernier resteront malheureusement encrées dans nos mémoires et dans celles des générations futures. Ce disque n’y changera bien évidemment rien. Il est juste là,  et sera peut être un exutoire pour vous comme il l’a été pour moi. Je vous embrasse tous.

*Charlie Chaplin

Finch, Steel, Wood & Whiskey, téléchargement gratuit, offert par le groupe

Texte: Alex

 

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