LEPROUS + GUESTS @ LE DIVAN DU MONDE – 05/10/15

ATTENTION, ce qui va suivre est l’œuvre d’un true fan, je m’excuse donc d’emblée pour l’abondance de superlatifs et le profond manque d’objectivité que vous risquez de rencontrer au cours de ce report. Même si je vais tenter d’être le plus « honnête » possible et d’éliminer tout biais de fan, d’autant plus que cette soirée n’a pas été totalement parfaite, mais j’y reviendrai.

C’est sous un presque déluge (normal quand on sait que Leprous va jouer « The Flood », désolé, trop facile) que nous arrivons, bien en avance, au Divan du Monde, lieu dédié à cette soirée de lundi et qui sent d’avance bon le métal progressif. L’attente est longue, et nous voyant goutter de plus en plus, un des videurs nous prend en pitié et nous propose des parapluies, estampillés « Divan du Monde » je vous prie, super geste, merci ! Mais une rumeur envahit déjà la file d’attente qui commence à grossir : RendezVous Point ne serait peut-être pas de la partie, bloqué sur la route. Fort heureusement, le troisième groupe de la soirée n’arrivera qu’en retard à destination, et complètera comme prévu cette affiche 100% norvégienne.

C’est donc un peu en speed que l’on attaque cette soirée, un petit tour au merch’ histoire d’augmenter sa collection de tshirts, et on part se placer tandis que RendezVous Point commence déjà à se mettre en place. Originaire de Kristiansand, petite bourgade située au sud-ouest d’Oslo, le combo voit le jour fin 2010, et se compose actuellement, après changements de line-up, de Geirmund (chant), aux faux airs de Tuomas Saukkonen (Wolfheart, Before The Dawn..), l’abondance de tattoos en moins, de Nicolay (claviers), de Gunn-Hilde (basse), épaulés par Petter (Hallaråker – guitare) & Baard (Kolstad – batterie), tous deux également dans Leprous. Le tout pour nous présenter 5 titres de leur nouvel album « Solar Storm », sorti cette année.

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On avait fait le choix de ne pas écouter les compositions du groupe avant de les voir, même si on se doutait qu’être à l’affiche d’un concert de Leprous était gage de qualité, histoire de n’avoir aucune attente particulière…Mais les 2 premières minutes de « Through The Solar Storm », premier titre proposé, suffit à nous convaincre, avec une alchimie parfaite entre des claviers, une basse et un chanteur dont la voix nous surprend. On s’attendait à un chant growlé, et c’est un sublime chant progressif clair qui sort de la bouche de Geirmund, et même si on est parfois un peu perdu par la complexité des morceaux, à l’instar du titre « para » et qu’on se demande où ils vont, on ne peut que rester épaté par la qualité d’une telle première partie. Les mecs sont très à l’aise pour un jeune groupe, c’est pour le moins impressionnant. Leprous semble avoir fait des petits, et toute cette « New Wave of Progressive Metal », sur laquelle je reviendrai en parlant de Leprous, est capable de composer des pièces absolument magistrales, dont « Mirrors », et plus particulièrement « Wasteland » puis « The conclusion » sont exemples parfaits, d’autant plus qu’ils montrent l’énorme maturité d’un groupe qu’il faudra suivre de très près, pour peu qu’il ne reste pas dans l’ombre des formations plus connues, une plus qu’excellente mise en bouche pour ce soir donc, avant une suite qui va en décontenancer plus d’un(e) .

Là encore, pour la même raison que précédemment, on avait fait l’impasse sur Sphere, seconde formation norvégienne du soir…sauf que cette fois la surprise fût totale, en bien pour certains, dont je fais partie, et en mal pour d’autres, qui espéraient un autre groupe de prog. C’est un, et c’est dit sans mépris, bien au contraire vu l’admiration que j’ai pour le combo suédois, Meshuggah-like qui se présente à nous. En effet, les premières secondes annoncent déjà la couleur, c’est du putain de gros djent, mais pas du djent pénible comme de plus en plus souvent, cette fois-ci c’est extrêmement bien fait, mais avec un petit truc en plus sur lequel je reviendrai. Le groupe, bien que formé récemment, en 2012, ne sort pas de nulle part vu qu’il est emmené par Marius Strand (chant clair/guitare)…Marius Strand, Strand Studio…ça vous dit quelque chose ?

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Surement, vu que c’est là que des monstres comme “Susperia” ou “Chrome Division” ont été produits. Avec un ingénieur du son à sa tête, on pouvait s’attendre à un son aux petits oignons…Attentes récompensées vue les qualités & la puissance sonore de leur set. Mais le sieur Strand ne serait rien sans un frontman virevoltant, et pour ça on peut faire confiance à Isak Haugan, qui n’a rien à envier à Jens Kidman, autant niveau vocal que niveau performance scènique. Le combo se compose enfin d’ Ulrik Nilsen également à la guitare, d’un bassiste à plein de cordes (et des diodes) en la personne de Øystein Sundsbø, et d’un « défonseur » de fûts qu’est Bjørn Dugstad Rønnow. Maintenant que les présentations sont faites, passons à la musique. Pour tous ceux qui s’attendaient donc à la douceur d’un metal progressif, c’est raté, c’est un véritable poutrage de metal moderne qui va nous tomber dessus, avec en majorité des titres issus de la réédition de leur album « Primordial » Mais pourquoi ne pas commener par un tout nouveau titre comme « hateobject », histoire d’annoncer la couleur comme il faut.

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On sent derrière nous des visages qui se liquéfient, tandis que d’autres, fans de Meshuggah & co jubilent, alors oui, ça ressemble légèrement beaucoup (bon, après tout le djent est tellement reconnaissable et codifié que), mais “Strand” y apporte déjà un très joli chant clair (sur « hardliner » & « servitor » notamment), ajoutant une touche mélodique et cassant un rythme qui a tendance à vous clouer au sol, histoire que vous puissiez respirer un peu. Mais ce n’est pas tout, les claviers, utilisés avec parcimonie et les quelques sons synthétiques, en plus de montrer un peu plus l’intérêt de Strand pour la cybernétique, ajoutent un côté atmosphérique à une œuvre qui s’avère complexe et bien plus originale qu’on pourrait le penser. Alors certes, au fil du set, sur des titres comme « Shock and awe » ou « vestige », on pense tantôt à des groupes comme Scar Symmetry ou Soilwork, et c’est plutôt une excellente chose tant ces deux formations suédoises sont éminemment talentueuses, Sphere c’est peut-être la réponse norvégienne au death moderne suédois et au djent, mais les réduire à un simple clone de Meshuggah serait donc de faire preuve d’une grande mauvaise foi, pour peu qu’on ait pris le temps d’écouter attentivement…mais plus tard, parce que d’abord il y a Leprous.

Si comme moi vous avez eu la chance d’assister à la première venue de Leprous en France, lors de leur tournée avec Therion en 2010, vous faites sûrement partie de ceux qui ont trouvé que le combo norvégien avait su faire beaucoup d’ombre à la bande à Christopher Johnson (pour ne pas dire plus), et même si pour ma part j’adore (adorais ?) Therion, force est d’admettre que ce soir-là, comme ça arrive de temps en temps, j’ai également bien plus préféré la performance des norvégiens, notamment par la fraîcheur et la maîtrise d’un Einar Solberg pourvu encore de drealocks à cette époque…Et que de chemin parcouru depuis, entre leurs venues au Hellfest notamment, et leurs multiples tournées en tant que backband d’Ihsahn, les petits ont sacrément pris du galon rapidement, devenant les fers de lance, avec des groupes comme Port Noir, Caligula’s Horse, voire Haken, de ce qu’on appelle la « 2nd new wave of prog metal », la première ayant été selon moi initiée par Pain of Salvation et quelques autres. Et au fil des albums, le groupe est parvenu à sortir ce qui devient à chaque fois de véritables classiques du genre, “Bilateral” notamment, et “The Congregation” dernièrement pour ne citer qu’eux. Pourtant, comme moi peut-être, les premières écoutes sont toujours « perturbantes », entre déception et incompréhension parfois. Mais, à mesure des écoutes, vous décortiquez, et vous adorez, comprenant un peu plus la démarche d’un groupe qui va là où il veut aller et vous emmène là où il veut vous emmener. Vous êtes perplexes au début, vous vous attendez à un truc immédiat, sauf que Leprous n’est pas un groupe de death mélodique, et ses albums se dégustent et leurs subtilités vous apparaissent petit à petit, un peu comme un bon vin, voire une absinthe, qui vous laisserait percevoir tous ses secrets petit à petit, mais je digresse et ça pourrait durer longtemps, donc je reprends, pardonnez-moi.

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Toujours est-il que le combo norvégien se retrouve ce soir en tête d’affiche d’une des dates les plus intéressantes de cette rentrée, et dans une des plus belles salles de la Capitale qui plus est. L’époque où le groupe installait lui-même son matos et faisait ses soundchecks semble loin…Le décor installé, au centimètre près, le groupe fait enfin son entrée dans un Divan du Monde plein comme un œuf. Et comme prévu, c’est par un magistral « The Flood » que la bande à Einar décide d’entamer son set, avec sa montée en puissance progressive. Malheureusement, les basses font vibrer les ventilateurs et le pied du clavier d’Einar, et…ça s’entend, alors on s’inquiète un peu de la teneur de la suite si tout continue à « vrombir » de cette manière…Autre crainte, déjà sur album on se demandait comment le leader norvégien ferait pour tenir certaines notes, autant sur des titres de « The Congregation » que sur « Coal », craintes fondées sur l’intro de « Foe » notamment puis sur « Third Law » & « Chronic »…les dates précédentes et leur passage à l’Euroblast semblent avoir laissé des traces, voix fatiguée et on sent la lutte pour tenir les notes. Heureusement, ses musiciens sont une fois de plus impeccables, Tor (Oddmund Suhrke) est tout simplement parfait en co-leader discret, le genre de guitariste qui vous sort des notes pas possibles mais sans jamais en faire des caisses, l’élégance et l’efficacité, c’est tout. Mais le groupe a des ressources, ces problèmes de son vont vite être réglés, et le sieur Solberg va puiser dans ses réserves pour retrouver une énergie presque ahurissante pour continuer sur des morceaux de « The Congregation » & « Coal », les deux seuls albums représentés ce soir, en commençant par deux titres devenus des classiques, « Rewind » et sa rythmique hallucinante (je parlerais de Baard Kolstad un peu plus tard, parce que le petit est certainement la révélation du soir à mes yeux), et, histoire de jouer aux montagnes russes avec nos émotions, un « the cloak », qui sera repris par le public.

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Le temps passe vite, mais ENFIN on a droit à un morceau de « Bilateral », histoire de continuer sur la lancée émotionnelle provoquée par « the cloak », et au passage nous montrer de fort belles harmonies vocales. C’est là que vous vous rendez compte qu’écrire un report sur un concert de Leprous c’est presque chiant, tant tout ce que vous pourrez écrire, retranscrire, sera bien peu par rapport à ce que vous avez pu vivre, et un titre comme « Red » en est le parfait exemple. Vous prenez votre pied en l’écoutant chez vous ? Imaginez, ne serait-ce que les parties de Baard couplées à celles de Tor donnent en live, avec derrière la basse d’un formidable Simen Daniel Børven, décidément excellent, espérons qu’il devienne membre permanent et la guitare d’un Øystein (Landsverk), déjà bien impressionnant avec RendezVous Point…Pas toujours facilement appréhendables sur support vidéo, en live ils deviennent irrésistibles, et « Slave » en est un parfait exemple, véritable pépite, magnifiée par le jeu d’écrans en arrière de scène.

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Je pourrais continuer encore un moment, parler de « The Valley », qui mériterait peut-être à lui seul un paragraphe entier, tout comme faire l’éloge d’un Bard Kolstaad qui m’a totalement mis sur le cul, par son jeu, au moins aussi impressionnant qu’un Hannes Grossman par exemple, que par l’énergie déployée au cours des deux sets auxquels il a participé/contribué, mais je préfère m’arrêter là pour le moment. Pourquoi ? Parce que de temps il faut savoir s’arrêter brutalement.

Alors si dans mon récit j’ai permis à ceux présent de se retrouver un peu, et à ceux qui n’étaient pas présents, d’avoir envie de venir voir Leprous, ma mission est réussie.

J’ai pris peu de vraies grosses claques en concert, rétrospectivement, enfin si, il y a les concerts que j’ai ai adoré, et ceux qui m’ont marqué par la puissance émotionnelle dégagée. Certains groupes se noient dans la technique, perdant toute sensibilité, Leprous est capable des deux, des parties musicales monstrueusement pointues et élaborées, tout en vous faisant presque chialer. Et même si tout n’a pas été parfait ce soir, notamment des mecs capables de pogoter (la rançon de la gloire peut-être, les fans sont de plus en plus « divers »), c’est surtout la setlist qui m’a un peu déçu, zappant totalement Tall Poppy Syndrome par exemple. Je n’espérais pas entendre des titres d’Aeolia, juste que j’aurais apprécié, même s’il est normal d’axer sa setlist sur les albums les plus récents, retrouver quelques titres plus anciens. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce fut une soirée exceptionnelle, passée bien trop vite, et on a plus que hâte de les revoir !

Merci à Roger & toute l’équipe de Base Prod, comme du Divan du Monde, d’avoir pu permettre l’existence d’une telle date, ce fût grandiose.

Texte: Mats

Photos: Mélanie & Mats // Pixs From The Pit

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