GHOST – MELIORA

Certain(e)s pensaient que la messe était dite depuis Opus Eponymous et Emeritus 1er du nom, pendant que d’autres voyaient en Infestissumam son Age d’Or sous Papa Emeritus II avant que sonne le déclin de GHOST. Mais les adeptes sont présents, de plus en plus nombreux et l’avénement de Papa Emeritus III annonçait il du nouveau ? Une réforme ? Une nouvelle ère ? Ou tout simplement la continuation de l’entreprise de séduction lancée sous le précèdent règne…. N’est-ce pas ce que Meliora est censé annoncer, tout simplement la suite mais en mieux ? Cet album est tout simplement attendu, et notre nouveau Papa et ses sbires le savent. Et comme à chaque nouveau règne, c’est une image plus soignée encore qui s’opère chez les Nameless Ghouls en prémice du disque attendu. Alors, meilleur, l’est il ?

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En tous cas, le soin est apporté pour sublimer l’Oeuvre. Klas Åhlund, maître suédois plutôt orienté pop soignée, se retrouve à la production qui s’en ressent dès l’ouverture. “Spirit”, ode aux esprits et au Malin, est chatoyant, avec des mélodies léchées et des sons beaucoup plus soignés qui annoncent la couleur. Un Ghost plus mainstream ? Je dirais plutôt plus séduisant pour la masse…. Comme un tableau de maître, fait pour attacher le regard de tous mais où chacun y voit quelque chose de différent ou plutôt entend … car quoi qu’on se dise, Papa Emeritus III n’est pas ici non plus pour s’éloigner de sa base de fidèles. De Satan il est question et l’occulte reste bien présent. Les utilisations d’orgue d’église sur “Devil Church”, “Spirit” et ses choeurs religieux, tout comme “Deus In Absentia”, gardent cette atmosphère religieuse bien présente dans Infestissumam.

Mais Meliora s’en trouve aussi plus occulte dans un raffinement plus présent. Les ténèbres sont présents derrière cette lumière disséminée un peu partout, pour ne pas effrayer les plus réticents. Meliora regorge de riffs bien heavy, une intro bien lourde à la basse omniprésente dans “From The Pinnacle To The Pit”, mais surtout un “Cirice” doomesque et maléfique à souhait dont sa rythmique bien lourde est ponctuée par ce jeu de batterie qui, lui, se trouve plus riche au sein de tout l’album.

L’habit ne fait pas le moine, et ça se conforme concrètement à notre cher Papa et ses Nameless Ghouls. Sachant varier les ambiances, ou plutôt être une main de fer dans un gant de velours, Ghost habille ses titres de nappes mélodiques et d’artefacts lumineux, mais garde son âme maléfique, continuant à délivrer la parole de celui d’en bas avec des moments ténébreux . “Mummy Dust” et “Majesty”, à la rythmique hypnotique dans des riffs à la fois bien lourds et hypnotiques (“Mummy Dust” riff sabbathien) tout en revêtant un habit plus clair sur des parties où les claviers sont mis en avant. On retrouve un côté plus progressif qu’on ne saurait facilement comparer à  une influence très heavy prog des années  1970. Mais je ne m’aventurerai pas plus loin. L’alchimie est millimétrée et intelligemment orchestrée au détail près. Le choix de la production s’en ressent pleinement et en est un coup de maître.

Surtout quand il est  question de lumière, la formation délivre à pleine puissance une oeuvre d’art à laquelle on ne peut que succomber, un hymne en devenir. Ouvert par cette petite interlude magique qu’est “SpokSonat”, “He is” est un des chefs d’oeuvre de l’album. Magnifique ballade aux guitares claires et lumineuses, et emprunt de pop des années 1970 savamment dosée dans une mélodie des plus vibrantes et touchantes, comme un écrin pour la voix de Papa qui se fait ici céleste.

Qu’on le veuille ou non, Ghost réussit son coup de maître et tu peux abandonner toutes tes croyances actuelles pour rejoindre les fidèles, en espérant “Absolution”, titre qui confirme et fera succomber les esprits les plus résistants “All those things that you desire. You will find here in the fire.” Des riffs intenses et maléfiques et un refrain frissonnant pour partir dans un final plus lumineux où les claviers sont mis en avant en apothéose. L’effet est sans appel.

Il nous reste plus qu’à partir sur le chemin de pèlerinage et suivre Ghost et la prophétie. Comme un Monstrance Clock rassembleur, Papa et ses Ghouls réitèrent dans une derniere touche avec ce somptueux “Deus In Absentia”. Pièce finale et son choeur religieux d’une douceur toute baroque qui ramènera la vue à ce monde aveugle . Il ne reste plus qu’à partir propager sa Voix…

Oeuvre qui complète l’Oeuvre et qui réduit à néant les possibles craintes car Ghost maîtrise son sujet, porté par une force invisible et une aura qui se développe au-delà de son cercle intime. Le chef d’oeuvre de ce nouveau règne, allant chercher les influences le plus pointues et les disséminant un peu partout, le fidèle est rassuré et la brebis égarée est conquise. Ce Meliora est là pour passer à l’étape supérieure dans la diffusion maléfique et bénéfique. Après écoute, tu ne pourras que succomber….

texte: Anthony

GhostMeliora, sortie le 21 Aout 2015 chez Loma Vista Recordings.

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