MOTÖRHEAD – BAD MAGIC

Voilà quarante ans maintenant que Motörhead est l’un des groupes les plus respectés de la scène hard-rock/metal. Alors que pendant longtemps on le pensait immortel et invincible, aujourd’hui toute la planète metal s’affole du moindre éternuement du légendaire frontman Lemmy Kilmister. Et, comme pour prouver qu’il luttera jusqu’à ce que mort s’en suive, le trio a sorti le 28 août son 22ème album studio, Bad Magic. Dans ta gueule la faucheuse.

 

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Certains disent que lorsqu’on a écouté un album de Motörhead, on a écouté tous les albums. Pourtant, quarante ans plus tard, les fans n’en démordent pas et sont toujours au rendez-vous. Et pour cause : c’est Motörhead, mec ! Tu sais qu’à chaque fois tu vas en prendre plein la figure. Bad Magic ne déroge pas à la règle et t’envoie du rock’n’roll à fond les ballons et sans détour. L’album commence avec Lemmy hurlant « Victory or die ! » et les instruments déboulant comme une bombe un quart de seconde plus tard sur le titre du même nom. Pour une ouverture, ce n’est pas fait avec des pincettes ! Guitare prédominante, basse vrombissante, voix rauque, batterie précise, toute la recette du succès du groupe en un seul morceau.

 

 

Mais la suite de l’album n’est pas en reste. La plupart des chansons qui composent le disque contiennent un tempo rapide et un excellent groove. « Shout Out All Your Lights » démarre sur la batterie énergique de Mikkey Dee et a pour refrain un sacré Call&Response. « Evil Eye » et « The Devil » sont des titres tout aussi catchy qui mettent en avant le talent du Suédois. Pour les riffs d’enfer de Phil Campbell, c’est surtout vers « Tell Me Who To Kill » qu’il faudra se tourner, mais aussi et essentiellement vers la géniale « Thunder & Lightning », chanson clairement la plus cool du disque. Si tu veux tourner une scène de bagarre dans un bar, mets cette chanson en fond (avis aux réals). En ce qui concerne la voix de Lemmy, pas d’inquiétude, ses problèmes de respiration ne se font pas ressentir,  et c’est toujours en rugissant qu’il nous déverse ses lyrics. Il joue même avec une voix plus douce, qui donne un côté ultra flippant à la chanson « Choking On Your Screams ». On ignore combien de prises il lui a fallu, mais la production de Cameron Webb  (qui avait déjà officié sur Aftershock, le précédent disque du groupe) fait passer tout ça inaperçu, même si on dénote quelques soucis d’articulation.  Il fait pourtant pas mal d’efforts sur « Till The End », balade très personnelle, où le bassiste chante dans les premières lignes sa réponse à quiconque lui suggérerait d’abandonner  : « Don’t tell me what to do, my friend / You’ll break more hearts than you can mend / I know myself like no one else » (« Ne me dis pas quoi faire, mon ami / Tu briserais plus de cœurs que ce que tu ne puisses panser / Je me connais plus que quiconque »), et encore plus dans le refrain : « All I know is who I am / I’ll never let you down / The rest will give you trust until the end » (« Tout ce que je sais c’est qui je suis / je ne vous laisserai jamais tomber / Vous pouvez garder confiance en moi jusqu’au bout »).

 

 

Ceci étant dit, Bad Magic n’est évidemment pas le meilleur album de Motörhead. Et si vous voulez acheter votre premier disque du trio, oubliez-le et tournez-vous plutôt vers la compilation de 1984 No Remorse, ou évidemment le Ace Of Spades de 1980. C’est clairement un disque « à-moitié-bon », tant on a sept chansons vraiment bien, et six autres dont on se fout complètement, avec en tête de liste la dernière de la galette, la cover de « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones. Entendez-moi bien, cette reprise est cool, faut pas déconner, c’est quand-même Motörhead. Mais concrètement et objectivement, elle n’apporte pas grand-chose, si ce n’est la surprise en la découvrant. Le trio a beau y mettre sa patte, ça ne change pas tant que ça de la version originale. Pas franchement la peine de faire un album donc, un EP aurait largement suffit, juste de quoi renouveler un peu leur setlist de concerts. Je ne parlerai même pas de l’artwork de la pochette, toujours aussi simpliste, avec à peine un update du logo.

 

 

En conclusion, Bad Magic recense quelques perles qu’on verrait très bien sur une compilation des meilleurs morceaux de Motörhead entre « Ace Of Spades », « Doctor Rock » et « Damage Case » (comme « Thunder & Lightning », « Victory Or Die » ou parmi d’autres « The Devil »), ou, soyons fous et optimistes, en live. Le reste est dispensable, et rend le disque de fait plus fade que le très bluesy Aftershock. Cela n’empêche tout de même pas de se prendre une bonne dérouillée, et on espère qu’ils vont nous pondre du concentré de rock’n’roll encore longtemps comme ça.

 

Texte : Charlotte Sert

 

Motörhead, Bad Magic, sorti le 28 août chez UDR MUSIC Gmbh

 

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