ISKRA – RUINS

BLACK FUCKING CRUST !I

ISKRA revient en force avec un nouvel album, six années après l’excellent Bureval ! Le groupe de black crust de Victoria (Canada) nous ressert son blackened crust tout droit sorti des coins les plus sombres des vieux squats punks ! Groupe pionniers , ou au moins leaders de la scène black crust, ISKRA est un ovni formé en 2002, mélangeant crust punk, black metal et grindcore. 
 Ruins est donc sorti il y a quelques mois sur Profane Existence.

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En premier lieu, on notera la production beaucoup plus propre qu’à l’accoutumée. Les autres albums ayant un son presque sans basse, comme si le studio avait mis sur 0 le bouton « Tone », vous savez, celui qui se trouve sur les vieux postes radio. Ici, le son est dense mais garde toujours la même couleur, la même ambiance glaciale spécifique au groupe. L’album gagne donc en intensité mais ne vous attendez pas non plus à un son clean car ça reste du crust, le son est pourri et sent bon la vieille bière. La chanteuse D-War nous vrille toujours autant les oreilles avec sa voix grésillante , presque monocorde, pleine de haine. Suivie de près par les guitares et leurs riffs crust agressifs et dégoulinants, on retiendra ceux des morceaux « Lawless » , « Ruins » et « Predator Drone MQ1 » en particulier. Typiquement le genre de riffs qui donne envie de tout casser et de s’arracher la tête.

Loin des groupes à mosh pit que l’on peut trouver dans ces mouvements, vous allez tout de même bien en manger tout le long de l’album qui ne laisse presque aucun repos. Cependant, l’album est parsemé de quelques passages plutôt ambiant, dans le style d’un GALLHAMMER, le blast beat en plus. Pour ce qui est de la partie black metal, le groupe s’en tient aux trémolos habituels pour presque l’ensemble des guitares, le groupe ne sort pas de ce qu’il faisait auparavant, du déjà vu, mais du déjà vu extrêmement efficace !

L’album est teinté de très rares éléments presque avant-gardistes et pachydermiques. Le riff de « Ruins » est, au passage, assez différent du reste de l’album, beaucoup moins de trémolos, du mid-tempo avec une rythmique dansante qui pourrait sortir des ambiances glaciales 
 On se tient là, tout de même, loin des clichés black metal habituels pour ce qui est des paroles et du visuel. Le groupe reste toujours dans le crust punk avec l’engagement politique qui lui est propre. ISKRA dénonce alors la guerre et la violence , contrairement à certaines formations black. Plusieurs personnes placent d’ailleurs les Canadiens dans la mouvance RABM. Pour ma part, ces deux mouvements n’ont en commun que leurs idées.

Voici donc une énorme claque black/ crust, l’album a pourtant un unique point noir, c’est très redondant , on sent que c’est toujours le même schéma, un schéma efficace mais que l’on connaît par cœur. La galette reste tout de même excellente et à écouter absolument !

Texte: Quentin

ISKRA, Ruins (2015), Profane Existence Records

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