LINDEMANN – SKILLS IN PILLS

Quand Rammstein et Pain se rencontrent et bien ça donne Lindemann. Peut-on s’arrêter là tout de même ? Allons un peu plus loin car après la ballade en solitaire et par deux fois, de Herr Richard Z Kruspe, il était tout à fait normal et logique de retrouver un autre membre de Rammstein allant se faire plaisir ailleurs en allant voir dans le pré du voisin si l’herbe est plus verte, comme on dit. Et c’est l’éminent Till qui s’aventure cette fois-çi et en compagnie de son bon ami Peter Tägtgren Je vous arrête tout de suite et ils l’ont dit aussi, c’est du fun à l’origine, juste deux potes bien cool, leader de Rammstein et savant fou de Pain et d’Hypocrisie, qui devaient  tout naturellement collaborer ensemble. Au premier abord, les visuels de l’album en témoignent, ces deux là se sont bien lâchés et bien marrés et sont en roue libre dans le délire (pour le plaisir de tous) mais il ne restait qu’à entendre ce qu’allait donner cette collaboration magique sur le papier.

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Et pourtant dès le titre éponyme et en ouverture de l’album, “Skills In Pills”, on n’est pas si dépaysé que ça, surtout connaissant l’univers musical des deux misters. Et pourtant est-ce qu’on souhaitait le contraire ? On commence directement et  la magie musicale du mister Pain opère parfaitement avec la voix et les textes hautement directs du seigneur Lindemann. Le baroque et le grandiloquent des orchestrations fonctionnent et se marient avec aisance pour découvrir les plaisirs cachés de Till, ceux qu’ils ne pouvaient avoués au sein de Rammstein et ce même si certains titres nous laissaient présumer. Les titres sont tous différents sans aucune lignée mis à part les textes complètement délurés et WTF de Till. Entre ces envies de pilules magiques, son amour pour les transsexuels ou la magie de la douche dorée, on est à fond dans le second degrés ( ou pas, mais chacun son truc), là encore une fois pour marquer  les trop sensibles et se laisser aller dans le délire d’initiés.

Par moments, on se rapproche de Rammstein ou des sons que Peter Tâgtgren nous aurait sorti  avec Pain. Mais quand ils nous sortent des perles comme “Lady Boy” ou son ode au plaisir urinaire, ou “Fat” et son éloge de la graisse avec son rythme lourd et vicieux à la fois qui nous rappelle un bon Rammstein sorti tout droit de l’album Sehnsucht, et bien on ne boude pas notre plaisir. Ca rebute certains ou fait jubiler d’autres mais le déjà énorme “Praise Abort” dévoilait tout la force de duo pour accrocher avec ce magique éloge à l’avortement. L’accent de Till se fait sentir mais on passe au-delà car je vous rappelle qu’avec Rammstein, ils ont quand même repris un Stripped qui passe aujourd’hui crème et dont cet accent fait son charme. Pendant que tu t’évertuais à traduire la langue de Goethe, Lindemann fait dans le direct et le facilement compréhensible, “Let it shower, don’t be shy, cunt, Let it shower, let it fly from your pretty cunt”, donc tu ne peux pas dire que tu n’as rien compris…

Le producteur suédois délivre ici toute sa science, les compositions sont riches et chargées pour certaines mais elles baladent surtout l’oreille d’un univers déluré à un autre. Et quand tu regardes le booklet tu as tout de suite compris l’idée. C’est propre, explosif et totalement jouissif entre les parties de “Lady Boy”, richesse symphonique et choeur féminin sur mon petit préféré “Childrens of The Sun”, grosses doses de claviers mais toujours le petit détail derrière qui permet à l’oreille de ne pas dégouliner. “Cow Boy” n’est pas en reste avec cette rythmique indus dans la bonne veine rammsteinienne pour partir avec des envolées. “Golden Shower” avec ce riff indus martial et ordonnateur qui nous rappelle du Richard et Paul dans leur grands moments rammsteinien pose cette ambiance malsaine et vicieuse, “Yukon” et ses grands espaces mélodiques apportent ce vent de fraicheur nécessaire.

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On se retrouve au sein d’un opéra Metalo-indus. Chaque titre est un tableau, à part certes, dans l’ensemble qu’est Skills In Pills. Et c’est là que ça marche car on retient chaque titre qui ne se noie pas dans une nuée totalement homogène et compacte. Certains sont faciles et plus enclins à plaire au maximum et on y trouve même des ballades à grand renfort de pathos et de grandiloquent comme “Home Sweet Home” mais avec une touche un peu plus subtile avec un “That’s My Heart ” final dans une ballade en guise de grande conclusion portée par la voix de Till et ces choeurs en sus comme il aime si bien faire avec Rammstein sur “Mutter” ou “Ohne Dich”.

Que dire au final ?  Et bien ce Skills In Pills nous prouve que c’est bien plus que la rencontre de Rammstein et Pain avec l’entité Lindemann. Le couple infernal fonctionne et on se laisse séduire et même obnubilé. Certes, on ne s’éloigne pas si loin que ça de l’univers qu’on connaît déjà mais est-ce qu’on le souhaitait vraiment ? Pas vraiment, le duo offre un disque génialement addictif, nous laissant aller aussi à ces vices.  Ils offrent au passage des perles de textes et des titres devenus fédérateurs en ce qui me concerne : “Praise Abort”, ou la mélodie totalement enivrante de “Lady Boy”. Et bien on revient, encore et encore, tournant en boucle le disque et se rendant compte que ces pilules rendent sacrément accrocs et que la perversité de Till nous guette… mais chut, pour ça je ne vous ai rien dit….

Lindemann, Skills In Pills, sortie le 23 juin 2015 chez Warner Music

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Texte: Anthony Tucci

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