MUSE – DRONES

Il est de ces groupes dont l’envergure est telle que la planète entière retient son souffle à chaque fois qu’une livraison pointe le bout de son nez. Acclamé ou abhorré, le vaisseau Muse n’épargne jamais personne. Le trio originaire de Devon, pour qui l’aventure a débuté il y a un peu plus de vingt ans, revient en ce début d’été 2015 avec un septième opus baptisé Drones.

MUSEDRONES


Dans une interview précédant la sortie de cet album, Matthew Bellamy affirmait vouloir revenir à une musique plus pure, plus rock que sur The 2nd Law ou Black Holes & Revelations qui avait révélé l’indéniable maîtrise du trio pour le show rock à grande échelle. Concrètement ? Un disque guitare, basse, batterie qui nous renverrait aux premières heures du groupe. “Drones” est effectivement judicieusement épuré et également conteur des péripéties d’un homme au travers d’un concept où ce dernier est apparenté à un drone. Dans un premier temps, celui-ci est vulnérable, intérieurement dévasté dans un « Dead Inside » paradoxalement très pop, chosifié et agissant machinalement sous les ordres de dirigeants déshumanisés pour tuer de sang froid (« [Drill Sergent] »). Ainsi, les thématiques de la guerre, de la dictature et de la domination de l’homme planent autour de ce disque froid et sombre au travers d’un songwritting exceptionnel comme c’est le cas sur le très rageur « Psycho » qui traite de la manipulation mentale (« Your ass belongs to me now ou You will kill on my command and I won’t be responsible »).

Sur ce septième long jeu, Muse reviennent donc à leurs débuts avec des compositions rock comme « Mercy » ou « Revolt ». D’autres titres, plus lourds, tel que « Reapers » dont le riff rappelle « Stockholm Syndrome » ou « The Handler » nous renvoie à la violence qui ronge le protagoniste tout au long de Drones. L’interlude suivante fait référence est un discours de 1931 de J. F. Kennedy sur les conspirations politiques – qui aurait selon les croyances précipité sa chute et sa fin – avant « Defector » qui fait office de revirement de situation dans l’album puisqu’il s’agit du moment clef de la prise de conscience de l’homme menant à sa révolte puis sa libération exprimée à travers un titre plus lumineux que les précédents qui semble sorti de “Origin Of Symmetry”. Après quoi, libéré, délivré le protagoniste retrouve l’amour qu’il pensait perdu à jamais le temps d’un très beau « Aftermath » où Matthew Bellamy livre une prestation de grande classe. S’en suit le somptueux « The Globalist », véritable temps fort de l’album, qui voit le trio se hisser à son stade de groupe planétaire en mêlant mélodie et agressivité dans un calme presque inquiétant où piano et guitare se renvoient la balle pendant dix minutes. Du génie. Drones s’achève de la manière la plus épurée possible avec un titre éponyme a capella plein de sensibilité aux antipodes du titre d’ouverture « Dead Inside ».

Avec ce septième opus fort bien réussit, Muse risquent tout de même de décevoir les récents fans engrangés sur The Resistance et The 2nd Law puisque, comme annoncé, il se rapproche d’avantage des premières pièces de leur discographie. Drones reste néanmoins le disque le plus sombre du groupe à ce jour fort d’un concept à une époque où le progrès technologique étend ses limites en parallèles de conflits dispersés. Sans doute un tour de force qui relance la carrière du trio britannique.

MUSE, Drones (Warner Music), sortie 8 juin 2015.

Texte: Alex Nortier

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