FUNERAL FOR A FRIEND – CHAPTER & VERSE

Avec le départ de Ryan Richards (batterie, chant saturé) et l’album Conduit sorti en 2013, le Funeral For A Friend qui a illuminé la dernière décennie s’en est définitivement allé, remplacé par ce que l’on peut désormais appeler un « FFAF 2.0 » où les titres sont plus courts, clairement orientés hardcore des années 1990, et où Matt Davis et Kriss Crombs sont les deux derniers membres du line-up de Casually Dressed And Deep In Conversation, premier long jeu et actuel chef d’œuvre jamais délogé de la formation galloise. 2015, revoilà Funeral For A Friend avec un septième opus sous le bras, Chapter And Verse sorti le dix-neuf janvier dernier sur Distiller Records.

120. Funeral For A Friend - Chapter & Verse

Pour ce nouvel effort, les Gallois ont décidé de ne pas faire appel à Romesh Dodangoda, aux manettes des trois derniers albums, pour s’orienter vers Lewis Johns. Une révolution qui n’a rien d’une blague. D’emblée, « Stand by Me for the Millionth Time » et « You’ve Got a Bad Case of the Religions » posent les bases de la collaboration entre le groupe et Lewis Johns. D’un côté, nous avons un titre d’ouverture mid-tempo poignant où les cris écorchés de Matt Davis viennent se poser sur un post-hardcore très 2003. De l’autre, un morceau plus court au tempo accéléré mais d’avantage mélodique qui abrite un savoureux refrain et pont très discret qui nous replonge dans la même année. Mais ? Ce Chapter And Verse serait-il le tant attendu album du retour aux sources ? Il se pourrait bien que oui. « After All These Years…Like a Lightbulb Going Off in My Head », « Donny » ou encore le single « Pencil Pusher » renferment tout ce qui avait permis à Casually Dressed And Deep In Conversation et son lot de tubes de devenir des références jamais égalées : des couplets frénétiques, aux refrains anthologiques en passant par l’utilisation minutieuse du chant saturé (désormais intégralement assuré par Davis) ; mais ce sont les hooks à la manière de ceux du premier album qui marquent leur grand retour au fil de ce Chapter And Verse. Les amateurs sauront apprécier.

Mais les parallèles évidents et plus-que-bienvenus avec Casually Dressed And Deep In Conversation ne sont pas les seuls points forts de ce nouvel opus. Autre single de la galette, le magnifique « 1% » en est véritablement LE temps fort. Avec des textes très remontés contre les inégalités économiques et des allures de power-ballade, le morceau est tout d’abord à fleur de peau avec une recette minimaliste et un Matt Davis qui nous dresse le poil avant une fin en apothéose où Funeral For A Friend renouent avec leur énergie destructrice à la manière d’un « The Art Of American Football ». Ce retour de fougue, déjà amorcé sur quelques titres de Conduit, se retrouve ensuite sur le très énervé « You Should Be Ashamed of Yourself » et son final apocalyptique digne d’un bon Norma Jean. Sur sa lancée, les Gallois envoient dans la foulée leur brûlot hardcore-punk de moins de deux minutes « Modern Excuse of a Man » avant un tonitruant « Inequality » où la double-pédale et les sonorités de Conduit se heurtent à un refrain mid-tempo qui semble tout droit sorti de Hours. A la manière de « Building » sur Memory & Humanity, seul le morceau-interlude acoustique « Brother » vient apporter un bol d’air frais au cœur de cet album qui file à une vitesse folle. Enfin, plus posé, plus rock et presque plus mature, « The Jade Tree Years Were My Best » vient magnifiquement clore ce Chapter And Verse – avant une piste bonus aussi redoutable qu’incisive.

Ce septième album de Funeral For A Friend est celui que nous n’attendions plus, celui qui fait écho à Casually Dressed And Deep In Conversation. Attaquant la falaise à la rame sur Memory & Humanity puis péniblement convaincant jusqu’à Conduit, la formation qui a débuté en 2001 revient de loin. En conclusion, avec Chapter And Verse et Romesh Dodangoda parti, le groupe fait quasi-peau neuve et s’en va en quête de nouveaux cadenas à tromper.

Funeral For A Friend, Chapter and Verse (Distiller Records)., sortie 19/01/2015.

Texte: Alex Nortier

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