LIGHTS & MOTION – CHRONICLE.

Depuis 2013 et son premier album Reanimation, Lights & Motion, alias Christoffer Franzén, est parvenu à se forger une solide réputation un peu partout. D’abord au sein de la scène post-rock, mais pas seulement, puisque certaines de ses compositions ont été utilisées pour la télévision. En effet, Rip Curl, Budweiser ou encore la chaîne américaine NBC se sont aidées de « Drift » pour leurs publicités, tandis que l’ogre Google a choisi « The March » pour un spot exceptionnel lors de la cérémonie des Oscars en 2013. Mais, mieux encore, la musique de Franzén a également été utilisée par le cinéma pour les bandes d’annonces de Transcendance ou encore Homefront. Rien que ça. En tout, on ne compte pas moins d’une vingtaine d’apparitions de morceaux de Lights & Motion à l’écran. Pas si mal pour un mec qui s’est lancé dans la musique il y a trois ans pendant une insomnie depuis sa Suède natale.

118. Lights & Motion - Chronicle

Automne 2013, alors que Reanimation, sorti au mois janvier, s’exporte aux quatre coins du monde, Franzén se fend d’un second album baptisé Save Your Heart. Onze nouveaux morceaux dans la continuité du premier opus mais auxquels il manque un petit quelque chose qui laisse entendre une certaine précipitation dans la composition. Deux années passent et voici Chronicle, le troisième effort de Lights & Motion, enregistré et mixé à Göteborg par Franzén avant de passer entre les mains de Dave Coley de M83.

Soyons clairs, une fois encore, Christoffer Franzén nous livre une copie de haut vol. Dans un registre exclusivement post-rock qui allie puissance et légèreté, le Suédois ajoute ensuite des nappes de clavier, des violons et occasionnellement du piano pour offrir à sa musique une dimension étonnante qui se s’associe immédiatement au cinéma. Il est presque évident de voir en écoutant Lights & Motion. Chronicle s’ouvre sur « Fireflies », un morceau-type de l’esprit du Suédois. Quelques notes de piano pour installer l’ambiance, puis un crescendo où chaque instrument devient indispensable avant la phase principale qui marque l’arrivée de chœurs pour un résultat aussi intense que touchant qui laisse libre cours à notre imagination. Chronicle abrite quelques morceaux de cette trempe, à commencer par les magnifiques « Antlers » et « Particle Storm » qui laissent les violons se tailler la part du lion comme c’était le cas sur « The March » il y’a deux ans. On peut également citer le très beau « As The World Goes Away » avec ses arpèges fracassants et son final à la Moving Mountains.

Mais là où Chronicle puise de sa superbe par rapport à l’album précédent, c’est d’abord dans sa construction (avec deux interludes apaisantes (« Northern Lights » et « Paper Wings » exclusivement au piano) mais également dans sa noirceur. En effet, si depuis ses premières heures, Lights & Motion réchauffe des corps froids, ici, certains morceaux offrent une autre facette du projet. « Glow » démontre des prémices de ce changement. Si certaines compositions de Franzén renferment un certain optimisme et des sonorités variées, ce « Glow » en est parfaitement dépourvu. Une ligne de piano mélancolique surplombe une ambiance froide proche d’un This Will Destroy You pendant plus de quatre minutes et ce ne sont pas les chœurs, cette fois-ci très discrets, ni la fin brutale du morceau qui viendront réchauffer l’ambiance. Franzén nous emmène encore plus loin avec « Reborn ». Sans aucun doute le morceau le plus sombre de la discographie de Lights & Motion où le son des guitares est plus heavy, les violons plus dramatiques et où l’optimisme n’est plus. Un titre aux portes du post-metal qui envoie l’auditeur à des milliers de kilomètre de là où il se trouvait sur « Fireflies ». Ce troisième album de Christoffer Franzén s’achève sur « The Spectacular Quest », un morceau qui se rapproche d’avantage de « Glow » et son ambiance glaciale à souhait. Ici encore le piano est l’atout majeur de ce titre qui, au fur et à mesure des secondes, vire de bord et sort l’auditeur de la nuit pour l’exposer au soleil ; un morceau parfaitement situé puisqu’il en découle une synthèse de cet opus résolument dichotomique.

En conclusion, on peut aisément avancer que ce Chronicle est meilleur que son prédécesseur. Si Christoffer Franzén a bien réussi à conserver sa recette qui fait mouche depuis deux ans, il s’est également adonné à quelques nouvelles sonorités rafraîchissantes. Un disque qui, une fois encore, dépasse les limites de l’imagination et assoie la fulgurante notoriété de Lights & Motion au sein de la scène post-rock quasi-instrumentale. Si l’année précédente s’était avouée être étonnement riche en termes de sorties post-rock, cet exercice 2015 débute parfaitement avec cet album paru chez Deep Elm Records qui aidera à passer l’hiver et que l’on ressortira presque empressement dès que les jours raccourciront.

Light & Motion, Chronicle, 2015, Deep Elm Records. Sortie 18 mars 2015.

Texte: Alex Nortier

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